Frise chronologique
1268
Fondation initiale
Fondation initiale
1268 (≈ 1268)
Premier couvent hors les murs, près de Matabiau.
1309–1341
Construction intra-muros
Construction intra-muros
1309–1341 (≈ 1325)
Autorisation papale et édification du couvent actuel.
1463
Incendie de Toulouse
Incendie de Toulouse
1463 (≈ 1463)
Dégâts majeurs au couvent et perte d’archives.
1789
Bien national
Bien national
1789 (≈ 1789)
Saisie révolutionnaire et désaffectation.
1795
Ouverture du musée
Ouverture du musée
1795 (≈ 1795)
Création du *Muséum du Midi de la République*.
1880–1903
Agrandissement par Darcy
Agrandissement par Darcy
1880–1903 (≈ 1892)
Construction de l’aile monumentale néo-gothique.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
"Ancien couvent : classement par liste de 1840 ; Aile XIXe siècle, y compris la cage d'escalier monumentale, du Musée des Augustins (cad. AB 178) : inscription par arrêté du 1er octobre 1990 ; Le musée des Augustins, en totalité, à l’exception des parties classées, ainsi que délimité en rouge sur le plan annexé à l’arrêté, ainsi que le sol des parcelles d’assiette, situés 21 rue de Metz, figurant au cadastre section 819 AB 178 et 302 : inscription par arrêté du 15 janvier 2018 ; En totalité, l'ensemble des bâtiments composants le musée des Augustins avec le sol des parcelles d'assiettes n°302 et n°178, de la section 819 AB, tels que délimités et hachurés en rouge sur le plan annexé à l’arrêté : classement par arrêté du 23 avril 2018."
Personnages clés
| Clément V - Pape |
Autorisa l’implantation intra-muros en 1309. |
| Jean de Lobres - Maître-d’œuvre |
Dirigea la construction du chevet gothique. |
| Louis Ier d’Anjou - Lieutenant du roi |
Finança la chapelle Notre-Dame-de-Pitié (1364–1380). |
| Eugène Viollet-le-Duc - Architecte |
Conçut le projet d’agrandissement (1873). |
| Denis Darcy - Architecte |
Réalisa l’aile ouest (1880–1903). |
Origine et histoire
Le couvent des Augustins de Toulouse fut initialement établi en 1268 hors des murs de la ville, près de la porte Matabiau, par des ermites de l’ordre de saint Augustin. Grâce à l’autorisation du pape Clément V en 1309, les religieux acquirent un terrain intra-muros pour y construire un nouveau couvent entre 1310 et 1341. L’église, de style gothique méridional, fut édifiée sous la direction de Jean de Lobres, avec une nef unique et un chevet plat entouré de chapelles. Le cloître, commencé en 1341, fut achevé en 1396 sous la supervision du pierrier Jean Maurin.
En 1463, un incendie ravagea Toulouse et endommagea gravement le couvent, détruisant une partie des archives et des toitures. La reconstruction débuta en 1495 sous la direction des maçons Martin Pujol et Pierre d’Arroye, et l’église fut reconsecrée en 1504. Le couvent connut ensuite un déclin progressif : le nombre de moines diminua (de 200 aux XIVe–XVe siècles à une trentaine en 1680), et des événements comme le pillage de 1542 ou la foudre frappant le clocher en 1550 aggravèrent sa détérioration. En 1562, trois augustins apostasiés furent punis publiquement, illustrant les tensions religieuses de l’époque.
À la Révolution, le couvent fut déclaré bien national en 1789 et désaffecté en 1790. En 1795, l’église devint le Muséum du Midi de la République, premier musée de Toulouse, abritant des œuvres d’art confisquées. Au XIXe siècle, des transformations majeures eurent lieu : le réfectoire médiéval fut détruit en 1868 pour percer la rue d’Alsace-Lorraine, et l’architecte Denis Darcy, collaborateur de Viollet-le-Duc, construisit une aile monumentale (1880–1903) dans un style éclectique mêlant néo-gothique et néo-Renaissance. Classé monument historique dès 1840, le site fut entièrement restauré entre 1948 et 1980.
Aujourd’hui, le musée des Augustins conserve son cloître médiéval à arcades tréflées, sa salle capitulaire voûtée d’ogives, et la chapelle Notre-Dame-de-Pitié, ornée des armoiries de Louis Ier d’Anjou. L’aile Darcy, avec son escalier monumental, témoigne des agrandissements du XIXe siècle. Le couvent illustre ainsi huit siècles d’histoire, du monachisme augustinien à la vocation culturelle contemporaine.